Paris, gueule d’atmosphère (même à la Cérémonie d’Ouverture des J.O 2024, il a plu)

Paris sera toujours Paris avec sa pluie pénétrante quasi-quotidienne, parfois averse et cruelle… Le gris du ciel fait partie de la poésie parisienne, gris qui fait se réfugier les ‘panamiens’ dans les bistrots, pour mieux chasser leur grogne en frappant le zinc d’un comptoir à coups de p’tit blanc de 11 heures ou de p’tit noir à toute heure. C’est comme ça, Paris.

Paris c’est la pluie, Paris c’est la mouvance perpétuelle des cumulus capricieux qui aime, à l’instar de La Parisienne caricaturale, changer autant de cumulonimbus que de cumulostratus. Au gré du vent, au gré des modes. Clope au bec des brumes de pollution, rouge à lèvres aussi pourpres que celui des fauteuils des mille et un théâtres de La Capitale, comme on dit façon province, Paris est une ville grise et feutrée le jour, éclatante et scintillante la nuit. A Paris, on se rit de la pluie, on méprise le pépin pour mieux se renfrogner dans le revers de son trench, épaules voûtées, arpentant les trottoirs en grognard mal-léché. Revoyez les films de Claude Sautet et vous comprendrez, bande de béotiens.

Paris c’est la pluie et c’est comme ça. J’ai profondément aimé cette atmosphère douce et nostalgique durant mes 14 années d’exil, moi, la fille gâtée au sempiternel soleil de Montpellier. Plus de 300 jours d’ensoleillement par an, croyez-moi, c’est insupportable au final. Ça manque de nuance. Alors je dis combien la lumière grise flatte le teint, fait ressortir les couleurs, les lumières. Et Bon Dieu qu’un soleil écrasant aurait tout aveuglé, tout affadi. Bien naïf que de croire que tout est plus beau au zénith. Le bonheur n’est pas uniquement dans cette insoutenable clarté. Le gris de Paris, la pluie de Paris, c’est Paris. Il en sera toujours ainsi.

A Paris, il pleut. En toute saison. (illustration Emmanuelle Béart et Daniel Auteuil 'Un cœur en hiver' de Claude Sautet, 1992.
A Paris, il pleut. En toute saison. (illustration Emmanuelle Béart et Daniel Auteuil ‘Un cœur en hiver’ de Claude Sautet, 1992.)
A Paris, quand il pleut, on se réfugie dans les bistrots. Le début d'une rencontre et d'une rupture quelques mois plus tard. (Illustration : Emmanuelle Béart et Daniel Auteuil dans "Un cœur en hiver' de Claude Sautet, 1992).
A Paris, quand il pleut, on se réfugie dans les bistrots. Le début d’une rencontre et d’une rupture quelques mois plus tard. (Illustration : Emmanuelle Béart et Daniel Auteuil dans « Un cœur en hiver’ de Claude Sautet, 1992).

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Quelque part, cela a donné un supplément d’âme à cette très belle cérémonie même si un simple crachin aurait été mieux 🙂 .

    J’avoue tout de même que lorsque je vais à Paris, il pleut rarement. Bon j’y vais que quelque fois dans l’année mais…

    En tout cas, Paris reste une ville incroyable.

    Et puis, moi j’aime le gris, ses nuances, ses nuages qui parcourent le ciel agrémenté de temps en temps de bleu.

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