Romy Schneider, La Contradictoire.

L’était pas si légère, la Schneider. Semblait comme ça, tellement riante, oie blanche matinée alpes bavaroises, sissifiée, mythifiée. C’tait mal la connaître, la p’tite Schneider. L’avait besoin d’absolu, d’amour intense, d’héroïnes déchues. Regard d’eau-vive, douceur trouble, mais clope au bec façon mec.

Chez Sautet : murmurante, pudeur, retenue. Tout à coup Zulaswski, Granier-Deferre, Enrico : torrent, ruades, chaos. A la ville tantôt solaire, tantôt spleen.

L’était pas simple, air carrément jamais content. Sans crier gare dans ses yeux le ciel, puis le sourire ‘vec tout le bonheur de la terre. Plongeait dans l’oubli, bleu piscine, bleu Rosalie. Puis le gris, mort en direct, garde à vue, fantôme d’amour.

L’était rongée, la germanique. Tourments allemands. Nazis dévorant. Se sentait Boche, se sentait moche. Coupable, caboche. Alors champagne, alors rouge sur blanc, tout foutait l’camp. L’était La Schneider, loge impénétrable, recluse, tremblante. L’était Rominette, : implorante, contrite, camarade tourbillonnante.

Tantôt kilo d’plomb, tantôt kilo d’plumes. Tantôt ange, tantôt enclume. L’était pas fine, un brin garçon, poignée franche, bouteille versée façon bier des tavernes. Pouvait être charme, main à baiser tendue gracieuse, sourire enchanté, tinté perlé.

Die Schneiderin. Abysses danubiens, brutalité de Ruhr. Français teinté porcelaine de Saxe, allemand troublant, attendrissant.

Kaput, caricatural choral ‘Papy fait de la Résistance’.

Un grand écart. Vienne-Paris. Sorte de Dakar, Dakar noir.

Contradictoire.

23 Septembre 1938, geboren in Wien, Anschluss, ville noire, valses au placard.

29 Mai 1982, auf wiedersehen Paris, ville-lumières, printemps joli.

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