Dans la peau de… PRINCE HARRY

Une Queen Mum, un mug, une bière, un cooggie : pas de doute, on est bien en Grande-Bretagne !
Une Queen Mum, un mug, une bière, un corgi : pas de doute, on est bien en Grande-Bretagne !

J’aime troubler l’ordre établi, mettre une couille dans le potage.

Il a tout, bon, William. Ouaip. Il a tout bon. William, c’est mon frangin, my brother, mon aîné, le bien chaloupé. C’est lui qui arrive en premier dans l’ordre de succession quand papa Charlie cassera sa pipe. Celui qui tombe ces demoiselles rien qu’en montrant ses ratiches. Et même si elles vont franchement de l’avant, prêtes à laisser filtrer un hennissement, Will, c’est toujours le gagnant.

William, c’est celui qui a tout bon. Un côté bien peigné que je n’aurai jamais. Le gendre idéal qui est capable de sourire du lever au coucher du soleil, eût-il fait le tour du Commonwealth. Imperturbable, il maintiendrait son rictus ultra-brite même si un corgi de Queen Mum se soulageait sur sa jambe. Et même qu’il pousserait le vice jusqu’à reprendre deux fois du haggis, juste pour être dans le ton de Balmoral, le refuge préféré de Mamie.

Will, c’est celui qui a la raie parfaitement alignée, malgré une calvitie aussi persistante qu’une biture d’Amy Winehouse. Tandis que moi, c’est plutôt le bordel dans mes cheveux. Une révolution capillaire sans abdication faisant que mes poils de carotte restent fièrement dressés, ballottés ça et là par mes humeurs contradictoires. On dit que je suis rebelle. C’est faux. J’aime troubler l’ordre établi, mettre une couille dans le potage. On dit que j’aime la bière, les joints et les bonnes bagarres à la sortie du pub. C’est faux. J’aime juste un peu en découdre avec les paparazzis. Ces mother-killer qui confondent photos volées et vie publique, être humain ordinaire éclaté par un pilier pris à 200 km/h et face révisée par Salvador Dali.

Si je bois de la bière, bien sûr ! Et pas qu’une pinte ! J’suis anglais, shit ! Un briton, un vrai. Un dur à cuire qui encaisse les Guiness comme du p’tit lait. C’est pas pour rien qu’on me surnomme « Harry Potty ». Vous me direz que ce n’est pas très classe et pourtant, revoyez la série « Chapeau Melon et Bottes de Cuir« . Steed ne crache jamais sur un petit verre de whisky, Emma Peel a un penchant pour les bons crus et chaque épisode se finissait toujours par une célébration bien méritée au champagne. Même Tara King, la coquette mijaurée, s’en donnait à cœur joie. De sacrés soiffards, ces agents très spéciaux ! C’est ma façon d’être en connexion avec la jeunesse de mon pays. Les binje-drinking, c’est populaire ! On est tous égaux quand on dort dans son vomi, pas fier, au petit matin. Il est pas frais, l’poisson. Ouais, mais qu’est-ce que c’était bon cette nuit ! On r’met ça ce soir ? Chiche…

William, c’est encore celui qui est toujours bien nippé. Pantalon infroissable, marinière chicissime à écusson estampillé par La Firme (comprenez « Windsor », c’est comme ça que le surnomme Queen Mum), chaussures à glands bien cirées. Rien qui dépasse. Pas un col, pas une surpiqure, pas un bouton qui moufte. Never complain, never explain pour tout le monde. Will, c’est le bon goût assuré du maître de maison. Celui qui ne relève pas par politesse que vous vous plantez sérieux à penser que les Ferrero Rocher sont le must des réceptions de l’ambassadeur. Will, c’est toujours un succès…

Moi, côté fashion, je peux vraiment être à côté de la plaque. Comme le jour où j’ai choisis un uniforme nazi pour fêter Halloween. Et comme j’aime pas faire dans la dentelle, j’ai carrément débarqué avec le brassard customisé avec la croix gammée. Vous savez, comme Hitler dans « La Dernière Croisade« . La scène extraordinaire où il signe un autographe sur le calepin d’Indiana Jones, ahuri…
Ahurie. C’est bien le qualificatif pour décrire la tête de mamie le lendemain quand elle ouvrit le Times. Une belle photo-souvenir de moi, prise de profil, swastika couillue sur le bras gauche. Elle a faillit en avaler son cupcake. Plus tard, son Darjeeling du teatime avait comme un arrière-goût de pisse. Elle venait de visionner les tabloids apportés par un valet religieusement contrit, plus efficace que la 3D. Les titres ressemblaient un peu à ceux de la série des « Martine », mais version « Poil de Carotte fait son Anschluss », quoi. C’était en 2004. Un bail, si on réfléchit bien. Le monde n’avait pas encore trop changé. Un black roulé comme un dieu grec ne dirigeait pas encore la Maison Blanche, Ben Laden enregistrait encore ses VHS pourries, et la Wii, c’était pas encore pour demain. Un pont entre deux mondes…

Et pourtant, si je vous dis que je ne suis pas un facho, vous ne me croirez peut-être pas. Je vous jure, j’ai juste fait ça pour emmerder Mamie. Et papa Charlie, aussi. J’aime bien mon papa, mais il est trop timide pour s’imposer, pour dire « shit ! » à l’establishment. Dad, il est un peu d’une autre époque. D’ailleurs, comme Will’, il affectionne aussi la marinière bleu Atlantique, la raie qui divise les tifs, mais pas trop, le nuage de lait dans le thé, mais pas trop. Daddy, il est toujours le cul entre deux chaises. Tellement, que par sens du devoir, il a épousé Mum‘ alors qu’il ne s’étaient vus que 13 fois, alors qu’il en pinçait depuis belle lurette pour Camilla. Ville ou campagne ? Pimm’s ou Cherry ? Gunpowder ou Lapsang Souchong ? Papa n’a jamais su. Enfin si, mais trop tard. Une fois qu’il était sur le bitume, une fois le verre plein du spiritueux pas vraiment désiré, une fois le thé vert activant l’insomnie… « Si j’avais su…« . Ben, Dad, t’aurais pas v’nu ! Heureusement, il a fini par épouser son amour de jeunesse. Des noces émouvantes entre deux sexagénaires un peu décatis qui se sont ratés dans une vie antérieure.

Will, il a tout bon, je vous dis ! Moi, je suis le vilain petit connard. Le trop rouquin, le trop sûr de lui, le boit-sans-soif. Celui qui tire et qui quitte plus vite qu’un tenancier de Pub tire ses pintes de Strongbow. Côté filles, Will a encore touché le jackpot. Kate est une belle-sœur fantastique : mignonne, intelligente, british comme il faut avec ce penchant immodéré pour les robes un peu kitsch et des bibis de ouf (avec quelque partie d’un animal mort dessus, de préférence !), un petit air bitchy dans les yeux… et surtout, elle a une frangine avec un cul fantastique. Une chute de reins à vous mitrailler les mirettes, une silhouette callipyge à vous donner envie de déclamer de la poésie, sans être forcément bourré. Elle a la classe, Kate. Elle a tout pigé au Club Windsor. La robe de mariée façon Mad Men, le salut royal méthode « laveur de carreaux », jamais un fashion faux-pas, ou alors pour la bonne cause… Moi, je traîne avec Chealsy Deavy. Une blonde un peu plus roots, richissime mais pas décidée à convoler. La vie en aquarium, très peu pour elle. C’est une habituée des terres d’Afrique du Sud. Des horizons sans limites, pas une couronne en travers pour vous pourrir l’existence. Alors, on se sépare, on s’rabiboche, puis on se sépare… Faut dire que Chelsy avait des raisons de me regarder avec des yeux revolver car, pendant le baiser au balcon de mon frangin, j’ai pas arrêté de mater Super Pippa et de lui faire franchement du rentre-dedans. La belle riait de mon audace. Ce Harry, quel tombeur ! Il est infaillible ! Mais il n’est QUE le numéro deux dans la liste… Kate a tout bon, elle épouse le number one. God save the Queen ! Kate a tout bon, elle aussi. Harry et moi, on est un peu des naufragés de la compétition, devait-elle se dire. Et pourtant, c’est pas si mal. On a tous les avantages… Moi, Harry, je suis un peu comme en charentaises tandis que le frérot est obligé de porter des claquettes pour danser sans cesse sur le devant de la scène. Je suis le Prince de l’ombre, celui à qui on peut pardonner toutes les conneries du monde. A moi les belles nanas, l’absence de pression pour engrosser, moins d’hôpitaux et d’œuvres caritatives à se farcir… Will, mon frérot, mon compagnon des 400 coups de jadis, est condamné à la perfection perpétuelle et perpétuée. Mamie veille au grain, seul William et son sourire constipé peuvent sauver une monarchie en perte de popularité. God save the King, please !

I am number two. Only. Et si c’était moi qui avait tout bon ?

Un intru sest glissé dans le portrait de la Famille Royale d’Angleterre, saurez-vous le démasquer ?
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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Karine dit :

    Quel talent ! J’ai bien rigolé 🙂
    Vivement la suite !!!

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