Qui n’a pas son JACK RUSSELL ?

Wanted
Wanted !

D’abord, ce fût insignifiant. Juste un ou deux sur les trottoirs. Le temps de se retourner, ils avaient déjà disparus. Juste un phénomène à regarder avec intérêt quelques instant avant de passer à autre chose dans le paysage. R.A.S et rien de plus. Puis, insidieusement, les infiltrés ont commencé par se faire connaitre. Il n’y en avait plus que sur les trottoirs, mais aussi en vitrine, sur des coussins, des sacs à main, des mugs, des strapontins. Qui n’avait pas son Jack Russell ? Des has been, des inconscients, probablement. Plus petit qu’une Smart, le Jack Russell peut aisément se garer dans les mouchoirs de poches parisiens, est assez chic pour être amené à Roland-Garros. Sur un shooting, il apporte sa note so british sans avoir le côté « kiki-à-son-Bébel ». Qui n’a pas encore son Jack Russell ? Sa gueule allongée lui donne un profil aristocratique quand parfois ce n’est pas cette tâche noire autour de son œil faisant office de monocle sévère. Chic et choc, le Jack Russell. Plus qu’un pose-crottes, il est un gentleman. En effet, son poil ras lui assure une discrétion olfactive des plus appréciable. Sa robe à fond blanc parsemée de nuances cuivrées ou noires en font un objet parfait se fondant dans les intérieurs beiges tant à la mode… Ç’en en est fait, le canidé a accédé au rang de divinité décorative. Il est sur les coussins, les porte-monnaie, les plaids, les tableaux, les strapontins. Qui n’a pas son Jack Russell ?

Dans la rue, sur les trottoirs, le bitume, en laisse, en liberté, arrimé, toiletté… qui n’a pas encore croisé un Jack Russell ? A 600 euros pièce, Mister Jack ne peut souffrir l’à-peu-près. Il aimera se lover sur les canapés design, se flattera d’un élégant collier Vuitton, prendra aisément la pose quand il faut et comme il faut sur les photos-souvenirs de familles bourgeoises ou bobos aspirantes à l’être. Et, tandis que les bons gros labradors sont relégués au placard, le Jack Russell poursuit son ascension fulgurante. Les canapés, les tableaux, les coussins, les trottoirs… qui n’a pas son Jack Russell ? Sacralisé dans « The Artist« , pattes emplâtrées sur Hollywood Boulevard, toutes canines dehors aux côtés de Jean Dujardin… qui arrêtera, le Jack Russell ? Mais, quand ce produit d’exception cessera d’en être un, quand les bobos et les BCBG n’en pourront plus de cette face désormais devenue commune, alors, que deviendra le Jack Russell ?

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